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Rumeurs, fake news et fous rires : notre été 2026 avec La Réunion

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Comment naît une rumeur ? Comment une information déformée finit-elle par circuler comme une vérité absolue ? Ce sont ces questions qui ont réuni vingt-quatre jeunes, douze Verviétois et douze Réunionnais, pendant dix jours cet été. Au programme : ateliers, fous rires, quelques galères, et la réalisation de quatre vidéos de sensibilisation. Spoiler : on en est ressortis avec plus que des vidéos.


Faire connaissance (et poser le cadre)

Passer plus d'une semaine ensemble, ça se prépare. On a donc commencé par une matinée de jeux brise-glace, avant de passer aux choses sérieuses l'après-midi : présentation du programme Erasmus+, et surtout, établissement de la charte de vie commune et du tableau de répartition des tâches ménagères. Parce que chez nous, en séjour, tout le monde met la main à la pâte.


Le soir, la délégation réunionnaise a lancé les hostilités culinaires et chorégraphiques : dégustation de spécialités, puis initiation au séga et au maloya. Nos jeunes Belges se sont prêtés au jeu et s'en sont tout de même pas mal sortis !


Apprendre à ne pas se faire avoir

Le lendemain, on a reçu la visite de Vincent Flibustier, créateur du média satirique Nordpresse, venu raconter son parcours mouvementé sur internet et livrer toutes les clés pour ne pas tomber dans le panneau.


L'après-midi, place aux jeux de communication.


D'abord, le jeu des chaises : par groupes de six, un mot passe de main en main en changeant de forme à chaque étape : écrit, dessiné, décrit et enfin mimé avant d'être deviné par le dernier. Résultat : on le sait tous, ce genre de chaîne finit toujours par déformer l'information. Ce qu'on y apprend en plus, c'est que tout le monde n'est pas égal face à l'information : certains sont, selon le moyen de communication utilisé, plus à l'aise ou plus déstabilisés. Passer au moins une fois par chaque étape permet de réaliser qu'entre ce qu'on aimerait dire, ce qu'on pense avoir dit, ce qu'on a vraiment dit, ce que l'autre entend, ce qu'il pense avoir entendu, et la façon dont il l'interprète, il y a un monde et autant d'occasions pour le message initial de se perdre en route.

Ensuite, l'art abstrait : deux dessins totalement abstraits, recopiés à la chaîne par toute la file, chacun son tour. Résultat : les deux finissent presque toujours par ressembler à quelque chose de familier, preuve que le cerveau déteste ce qu'il ne comprend pas et préfère inventer plutôt que rester perplexe.



Et pour finir, l'expérience de la rumeur : Direction Tulle, en Corrèze, au début du XXe siècle, pour l'histoire vraie d'Angèle Laval et de ses lettres anonymes signées « Œil de Tigre », qui ont semé la panique dans toute une ville, jusqu'au drame.

Chuchotée de personne en personne le long d'une file de six, l'histoire ressort méconnaissable à l'arrivée : détails disparus, autres inventés de toutes pièces, et chiffres presque toujours les premiers sacrifiés en route.

Un exercice redoutable pour mettre en lumière un penchant bien naturel : celui de retenir surtout les détails qui titillent notre curiosité ou nos émotions. Rien de plus normal en somme, juste une information à garder en tête, car c'est bien ce biais qui est exploité par les plateformes, et qui nous pousse à partager avant de vérifier, à préférer l'émotion au fait.



À charge de revange, le soir : comme les Belges n'ont pas de danse traditionnelle à opposer au séga, on a sorti l'artillerie lourde , en quiz, avec des expressions bien de chez nous ainsi que nos traditionnels boulets frites et tarte au riz.

Bruxelles

Impossible de faire venir des Réunionnais en Belgique sans passer par Bruxelles. On avait prévu une visite du Musée juif, pour explorer l'impact historique et bien réel des fake news sur la vie de millions de personnes. Malheureusement, le musée a dû annuler à la dernière minute. Plan B, avant de lâcher les jeunes en petits groupes pour une exploration en autonomie : tour express de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, du Mont des Arts, du Palais royal et du Parlement européen. Ce dernier stop était une belle occasion de glisser un mot sur l'importance d'aller voter et de s'intéresser à ce qui se joue politiquement. Parce que ça a un impact bien concret sur leur quotidien. La meilleure preuve ? Ce séjour lui-même : sans une politique européenne de jeunesse et sans financement Erasmus+, cette rencontre entre Verviers et La Réunion n'aurait tout simplement jamais existé.


Sur le terrain, micro en main

Pour réaliser leurs vidéos, les jeunes se sont formés une matinée au micro-trottoir avec Raph : utilisation du matériel, placement, répartition des rôles, et surtout, comment aborder les passants sans les faire fuir. L'après-midi a servi à potasser les sujets et préparer les questions.


Le lendemain, direction Liège en train depuis Spa. Smartphone, micro et questions en poche, les jeunes se sont dispersés dans plusieurs quartiers pour interroger les passants. Les râteaux étaient inévitables, on ne va pas se mentir, mais la pêche aux informations a été fructueuse, et pour certains hilarante.


La galère qui a (encore plus) soudé le groupe

Le sixième jour, notre collègue Fanchon s'est blessée au talon et nous a laissés orphelins de cuisinière en pleine semaine. Autant dire qu'on a vécu une belle galère !


Mais c'est aussi ça, un séjour : encaisser l'imprévu. Tout le monde s'y est mis, les fourneaux ont tourné quand même, et avec le recul, on se dit que ce genre de mésaventure resserre les liens au moins autant que les activités prévues au programme même si Fanchon nous a évidemment beaucoup manqué !




Montage, cerveaux qui fument, et grande soirée

Retour en studio pour monter les interviews, avec voix off pour les plus ambitieux. Les cerveaux ont fumé, mais le résultat était là. Voir les autres vidéos :


Le lundi 10 août, grande soirée de mise en valeur du projet : diffusion des vidéos devant les plus curieux, et clôture en beauté du projet. Les Réunionnais ont sorti leur dernière carte du sega/maloya, et les Belges les ont rejoints sur scène sans trop se faire prier. Une belle manière de célébrer une rencontre riche en émotions, en découvertes et en amitiés naissantes.


Le debrief, les adieux, et le fameux Youthpass

Le dernier jour, on a pris le temps de souffler et de faire le bilan de tout ce que le groupe avait appris. Chaque participant est reparti avec son Youthpass, le certificat officiel délivré en fin de projet Erasmus+, qui permet de faire reconnaître des compétences comme le travail d'équipe, la prise de parole ou l'esprit critique. Des compétences bien réelles, mais qu'on a souvent du mal à faire apparaître ailleurs que sur un CV.



Les retours ont été positifs dans l'ensemble : les jeunes retiendront surtout l'aventure humaine ainsi que les bons moments passé ensemble et ont hâte de se revoir de l'autre côté du globe. Le temps libre restant s'est partagé entre piscine et flânerie, selon les envies.


Et puis il a fallu se dire au revoir. Difficile, comme toujours après ce genre de séjour où les liens se créent vite et fort. Pendant que les Réunionnais prenaient la route, les jeunes et l'équipe ont nettoyé le logement de fond en comble avant de rendre les clés. Clairement la partie la moins glamour de l'aventure, mais bon, il fallait bien s'y coller. Un mot de l'équipe


Ce projet, c'était aussi une première : la toute première fois qu'Élise et Annia se lançaient dans l'organisation d'une aventure de cette ampleur. Un gros morceau d'écriture de dossier, une logistique à caler dans les moindres détails, des galères à gérer sur le vif, et une évaluation encore à boucler. Mais elles en ressortent plus que satisfaites. Voir ces jeunes se rencontrer, apprendre à se faire confiance, et gagner en maturité au fil de ces dix jours, ça vaut largement les quelques nuits un peu courtes. Un sentiment d'accomplissement qui donne clairement envie de vivre d'autres projets avec les jeunes.



Cerise sur le gâteau : le projet a eu droit à une belle couverture médiatique, avec des passages dans L'Avenir et sur Védia (à 12:23). Nos jeunes sont fiers d'avoir pu y prendre la parole. N'hésitez pas à aller y jeter un œil .



Avec le soutien du Bureau International Jeunesse et financé par l’Union européenne. Les points de vue et avis exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture (EACEA). Ni l’Union européenne ni l’EACEA ne sauraient en être tenues pour responsables.











 
 
 

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